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Erosion d'un sol viticole dans le Languedoc |
Les sols agricoles n’ont pas tous le même comportement vis à vis de l’érosion hydrique. Suivant leur sensibilité à la battance liée à leur texture (pourcentage de limons) et à la teneur en matières organiques, la couverture végétale en place, la pente et la force érosive des pluies (intensité et hauteur), l’aléa érosif des sols est plus ou moins élevé.
Sur le littoral, les particules érodées peuvent directement arriver en mer par ruissellement, emportant éventuellement avec eux les engrais, les pesticides et les matières fécales animales qui leurs sont liés.
L’érosion des sols agricoles côtiers peut donc apporter des bactéries fécales et avoir un impact sur la qualité des eaux de baignade et conchylicoles. Ceci peut aussi se produire sur des territoires urbanisés par rejet direct de réseaux d’assainissement sous-dimensionnés ou par ruissellement sur les sols imperméabilisés.
Il est donc intéresser d’analyser conjointement l’aléa érosif des sols agricoles en bord de mer et la pression en germes fécaux engendrée par les élevages sur ces mêmes territoires.
Pour simplifier cette analyse, seule la bactérie Escherichia coli est prise en compte. Il s’agit d’une bactérie fécale commune chez les animaux à sang chaud, potentiellement pathogène pour l’homme et suivie régulièrement dans les différents réseaux de surveillance de la qualité de l’eau (eau de baignade, eau de consommation, eau conchylicole…).
La durée de survie de cette bactérie dans les sols, l’eau douce et l’eau de mer est très variable suivant les conditions de milieu et le stress qu’elles provoquent sur ces organismes : température, salinité, turbidité, taux de matières organiques sont parmi les facteurs les plus importants. Suivant les conditions, elles ont une durée de vie de quelques heures à plusieurs jours.
Afin de tenir compte de cela, il a été décidé de limiter cette étude aux communes des cantons littoraux. Il aurait été intéressant de prendre en compte les bassins versants littoraux. Cependant les données agricoles disponibles (recensement de 2000) sont à la maille communale et l’analyse est donc plus simple en se basant sur un découpage administratif du territoire.
L’aléa d’érosion des sols agricoles est très variable sur le territoire métropolitain. Il est fort à très fort dans le nord de la France (en Bretagne, au nord de la Basse-Normandie, au nord/ouest et de la région Centre, en Seine-Maritime, en Picardie et dans le Pas-de-Calais) et dans les arcs alpin et pyrénéen et leurs piémonts. Il est plutôt faible sur l’axe Poitou-Charentes / Pays de la Loire - Alsace / Franche-Comté.
Sur le littoral, les secteurs les plus concernés par un aléa d’érosion fort à très fort se situent principalement au nord de la France. Il s’agit du littoral du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime (Pays de Caux), de la Manche, des Côtes d’Armor, et du Finistère. L’aléa érosif est très faible dans le Centre Atlantique, en Aquitaine et sur l’essentiel du littoral méditerranéen en dehors des côtes des Alpes-Maritimes.
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Figure 1 : aléa érosion par commune en France métropolitaine |
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Figure 2 : aléas d’érosion dans les cantons littoraux par façade maritime |
Source : Inra GIS Sol, Observatoire du littoral.
Le calcul de la pression animale en germes fécaux est une estimation effectuée à partir des recensements des cheptels existants et de normes et références permettant, une fois le nombre d’animaux connu à un instant t, d’estimer les productions annuelles d’animaux, les volumes de déjections correspondants et enfin les quantités de germes équivalentes.
Le schéma général de calcul et les sources d’informations utilisées sont indiqués dans la figure ci-après.
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Figure 3 : méthode d'estimation des pressions en E. coli des productions animales |
Les pressions sont estimées en divisant la quantité de germes calculée par la surface agricole utile du territoire en question.
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Figure 4 : pression de l’élevage en E coli par commune en France métropolitaine |
Source : ministère de l’Agriculture – RA 2000, références Corpen, Cemagref, Observatoire du littoral.
On constate que les pressions sont plutôt fortes à très fortes sur le littoral du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime, de la Manche à la Vendée, des Pyrénées-Atlantiques et ponctuellement en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse.
En croisant les deux informations, on peut déterminer les zones littorales pour lesquelles l’aléa érosif est important et la pression en germes élevée. Pour ce faire, les communes ayant à la fois un aléa fort à très fort et une pression en germe supérieure au 6ème décile ont été sélectionnées. Elles sont au nombre de 189 sur un total de plus de 2000 communes, soit à peine 10 %.
La grande majorité des communes concernées est située sur la façade Manche – mer du Nord et en Bretagne. Sont principalement concernés le littoral du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime, de l’ouest Cotentin et de la Bretagne nord. Le littoral breton (nord et ouest) concentre à lui seul plus de la moitié des communes. Ceci s’explique par la grande concentration en élevages hors-sol et bovin dans cette région.
Sur ces territoires littoraux, le risque de transfert de germes fécaux à partir des terres agricoles proches du bord de mer est assez important.
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Figure 5 : communes des cantons littoraux ayant un aléa érosif et une pression en germes importants |
Source : Inra GIS Sol, ministère de l’Agriculture – RA 2000, références Corpen, Cemagref, Observatoire du littoral.