Les lagunes méditerranéennes sont des plans d'eau littoraux, généralement de faible profondeur, séparés de la mer par un cordon littoral appelé lido. D'un point de vue hydrologique, la communication avec le milieu marin est réalisée par un grau. Le caractère temporaire ou permanent de ces échanges avec la mer confère aux eaux lagunaires un caractère saumâtre.
Comprises entre terre et mer, les lagunes entretiennent tout naturellement des relations étroites avec les zones humides qui les entourent (marais, prés salés, roselières, etc.) et reçoivent de nombreux apports du bassin versant.
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Représentation schématique des lagunes méditerranéennes |
En France métropolitaine, les complexes lagunaires sont uniquement présents en Languedoc-Roussillon, Provence Alpes Côte d’Azur et Corse sur 8 départements : Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône, Var, Corse du Sud et Haute Corse.
Les complexes lagunaires (lagunes et zones humides périphériques) couvrent 130 000 ha en France, dont 45 % en Languedoc-Roussillon, 52 % en PACA et 3 % en Corse. Les complexes lagunaires du Languedoc-Roussillon se répartissent sur l’ensemble des 4 départements littoraux, couvrant 2,7% de leur superficie.
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Les principaux complexes lagunaires du Languedoc-Roussillon |
Les lagunes, leurs lidos et leurs zones humides périphériques sont des milieux exceptionnellement riches. 17 % des zones humides françaises d’importance internationale (convention de Ramsar) sont des lagunes méditerranéennes (exemples régionaux : Petite Camargue et Etangs de la Narbonnaise). Elles abritent, entre autres :
• 74 habitats naturels, dont 60% sont des habitats d’intérêt communautaire et 9,5% des habitats d’intérêt communautaire prioritaires ;
• 232 espèces d’oiseaux, soit plus de 70% des espèces d’oiseaux de France, et plus de 80% des effectifs nationaux de certaines espèces d’oiseaux de l’Annexe I de la Directive Oiseaux (Flamant rose, Sterne hansel, Mouette mélanocéphale, Goéland railleur, etc.)
• plus de 40% des espèces d’amphibiens français.
Actuellement (2007), près de 70 000 ha sont en Zone de Protection Spéciale (ZPS, 10 sites) et 76 500 ha sont en Site d’Intérêt Communautaire (SIC, 12 sites).
Les lagunes, comme les zones humides en général, jouent un rôle fondamental dans l’organisation et le fonctionnement du territoire. Leur richesse et leur localisation à proximité de la mer en ont fait des points stratégiques pour le développement des activités humaines.
Les lagunes sont ainsi le support d’activités économiques :
• tourisme et loisirs : activités nautiques, sports de plein air, balades, chasse, naturalisme ;
• activités halieutiques : conchyliculture, pêche.
Les complexes lagunaires assurent de plus deux fonctions essentielles :
• amélioration de la qualité des eaux (épuration des nutriments, des bactéries et des toxiques) ;
• atténuation des crues.
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Au cours des dernières décennies, le tourisme s’est développé sur l’ensemble du littoral et l’augmentation démographique a été prépondérante entre Nîmes et Narbonne. C’est sur cette frange littorale que les pressions exercées sur les milieux naturels ont été et sont encore les plus fortes :
• artificialisation des lagunes et des zones humides : urbanisation, développement des infrastructures de communication, de zones d’activité, de zones de loisir organisé et tourisme de masse ;
• dégradation de la qualité de l’eau : pollution agricole (produits phytosanitaires, fertilisation), pollutions domestique et industrielle (exacerbées par la concentration des activités à proximité des lagunes et la périurbanisation croissante sur le bassin versant) ;
• fragmentation des milieux et perte de connectivité du territoire ;
• compétition écologique et développement d’espèces envahissantes ;
• dégradation des milieux et dérangements occasionnés par l’importante fréquentation.
Partant du constat que les documents de gestion réalisés sur le littoral régional reposent sur un tronc commun de pratiques, la Diren Languedoc-Roussillon a lancé la réalisation d’un catalogue qui synthétise l’ensemble des mesures les plus pertinentes adaptées aux milieux lagunaires.
L’objectif de ce catalogue est d’élaborer un tel référentiel pour les lagunes, lidos et zones humides périphériques de la région Languedoc-Roussillon, afin de permettre aux opérateurs en charge de l’élaboration des documents d’objectifs, ou de tout autre dispositif de gestion, de disposer de cahiers des charges types pour atteindre les objectifs de conservation des habitats et/ou des espèces visés. Cet outil pourra également être utile aux opérateurs Natura 2000 de l’ensemble de la façade méditerranéenne et atlantique.
Ce catalogue est le fruit d’un travail de collaboration entre : Biotope, le Conservatoire des Espaces Naturels du Languedoc-Roussillon, la Tour du Valat, le Pôle relais lagunes méditerranéennes.
Le document est organisé en plusieurs parties qui décrivent :
1-Le cadre d’action :
Les principales caractéristiques des complexes lagunaires sont lagunaires au niveau biodiversité et activités économiques ainsi que leur répartition géographique, leur importance au niveau du réseau Natura 2000 et enfin les pressions qu’elles subissent sont également décrites.
2-Les habitats naturels et les espèces d’intérêt communautaire présents de manière significative sur le littoral du Languedoc-Roussillon :
27 habitats d’intérêt communautaire présents sur le littoral du Languedoc-Roussillon sont décrits en détail dans une fiche reprenant : la description générale de l’habitat, les critères qui permettent le diagnostic de l’état de conservation de l’habitat, les éléments de diagnostic à prendre en compte pour l’activité pastorale, les enjeux sur l’habitat en terme biologique, socio-économique et en terme de rôle fonctionnel de l’habitat, les menaces identifiées sur cet habitat, les mesures de conservation envisagées sur l’habitat (ces mesures sont ensuite décrites dans des fiches « gestion ») et enfin toutes les références bibliographiques concernant cet habitat.
44 espèces (chiroptères, oiseaux, reptiles et poissons) d’intérêt communautaire présentes sur le littoral du Languedoc-Roussillon sont décrites en détail dans une fiche reprenant : la situation de l’espèce au niveau de sa répartition géographique, au niveau de la rareté de l’espèce et de ses effectifs en Europe, en France et en Languedoc-Roussillon, l’écologie de l’espèce (statut dans la région, reproduction, alimentation), les habitats utilisés en fonction de l’écologie de l’espèce (les habitats de reproduction et d’alimentation, les habitats de stationnement migratoire et d’hivernage), la valeur patrimoniale de l’espèce (statut européen, national et régional), les menaces identifiées sur l’espèce et ses habitats, les mesures de conservation envisagées sur l’espèce (ces mesures sont ensuite décrites dans des fiches « gestion ») et enfin toutes les références bibliographiques concernant cette espèce.
3-Les propositions de mesures de gestion permettant de préserver ces habitats et ces espèces et leurs rémunérations possibles :
37 fiches sont rédigées concernant : la gestion des habitats, la préservation des espèces, la gestion des activités humaines, la protection des espaces, la sensibilisation, les suivis et enfin l’intégration des changements climatiques.
Chaque fiche comporte : les objectifs de la mesure de gestion, un cahier des charges de l’opération avec indication du coût et du calendrier à privilégier, les modalités de l’opération (acteurs concernés, type de contrat, points de contrôle, indicateurs de suivi, indicateurs d’évaluation) et une bibliographie concernant cette mesure de gestion.
4-Les préconisations pour les outils de contractualisation : MAE territorialisées, contrat Natura 2000, charte Natura 2000 :
Des fiches complémentaires ont été rédigées concernant les mesures agro-environnementales et les contrats Natura 2000 possibles.
Chaque fiche est détaillée pour un habitat ou un regroupement d’habitats d’intérêts communautaires. Les habitats regroupés concernent une même unité de gestion (ex : fourrés halophiles méditerranéens et végétations pionnières à Salicornia annuelles) et nécessitent les mêmes mesures de gestion.
Pour les MAE, les engagements unitaires obligatoires sont rappelés et d’autres engagement unitaires sont préconisés ; enfin des combinaisons d’engagements unitaires sont conseillées.
Pour les contrats Natura 2000, il est uniquement listé les mesures à prendre en compte selon l’habitat ou le regroupement d’habitats. Cette partie doit être complétée en 2008 par d’éventuels cahiers des charges types pour les Contrats Natura 2000.
Enfin, une liste des engagements pouvant être proposés pour une charte Natura 2000 sur les milieux littoraux du Languedoc-Roussillon est proposée.
5-Une liste de travaux pouvant faire l’objet d’une demande d’évaluation des incidences :
Sont décrits : les travaux non prévus dans le cadre de la loi sur l’eau ou non prévus par la législation liée aux études d’impact et pouvant être inscrits sur une liste arrêtée par le préfet coordonnateur du site. Ainsi que les autres travaux pouvant être inscrits sur cette liste.
Ce document est téléchargeable sur le site de la Diren Languedoc-Roussillon et sera actualisé régulièrement en fonction des avancées réglementaires, administratives et scientifiques.
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Exemple de fiche |