Evolution entre 1990 et 2000

Comparaison entre les communes littorales et la France métropolitaine

L'occupation du sol en 2000
L'occupation du sol des communes littorales est très différente de la moyenne métropolitaine (voir figure 1).

Les communes littorales sont caractérisées par :

• une forte part des territoires artificialisés : les surfaces urbanisées (code Corine CLC11) y représentent 10% du territoire contre uniquement 3,7% pour l'ensemble de la métropole ;

• une faible part de terres agricoles : cette sous-représentation est due à la part faible des terres arables (code Corine CLC21) et des prairies (code Corine CLC23) ;

• des milieux naturels occupant environ le tiers de l'espace littoral. Bien que cette part soit très proche de la moyenne métropolitaine, la répartition des milieux naturels y est très différente avec une sous-représentation des forêts (code Corine CLC31) et une sur-représentation des espaces naturels ouverts et arbustifs (code Corine CLC32 et CLC33).


Figure 1 : occupation du sol comparée entre métropole et communes littorales en 2000

Figure 1 : occupation du sol comparée entre métropole et communes littorales en 2000

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 2000, Observatoire du littoral


Evolution de l'occupation du sol entre 1990 et 2000
L'évolution de l'occupation du territoire des communes littorales a été importante entre 1990 et 2000.

En prenant en compte la nomenclature complète en 44 postes de CORINE Land Cover, les changements de poste d'occupation du sol ont affecté 1,3 % du territoire des communes littorales contre uniquement 0,3 % en moyenne en métropole. La pression des changements est donc 4 fois plus forte dans les communes littorales.

Comme le montre la figure 2, les changements d'occupation des sols dans les communes littorales suivent les tendances nationales mais d'une manière plus exacerbée.

On constate ainsi une forte augmentation des terres artificialisées (augmentation des surfaces représentant plus de 0,6% de la surface totale des communes littorales) et une diminution importante des terres agricoles et des milieux naturels.

La diminution des milieux naturels est beaucoup plus forte dans les communes littorales qu'en général en métropole ; elle concerne 0,3% du territoire littoral contre 0,05% du territoire métropolitain.
 


Figure 2 : Part du territoire affecté par des changements d'occupation des sols entre 1990 et 2000

Figure 2 : Part du territoire affecté par des changements d'occupation des sols entre 1990 et 2000

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 1990, 2000, Observatoire du littoral.

Se lit : un peu plus de 0,6% du territoire des communes littorales a été artificialisé.


En tenant compte de l'évolution relative de l'occupation des principaux postes d'occupation du sol, on constate que l'augmentation des territoires artificialisés est sensiblement la même dans les communes littorales qu'en en France métropolitaine : environ +5%.

La forte différence entre les figures 2 et 3 concernant l'évolution des territoires artificialisés est due au fait que ce poste occupe une place importante dans les communes littorales. Ainsi, en 2000, ils y représentent 13,1% du territoire contre seulement 4,8% sur le territoire métropolitain.

 


Figure 3 : évolution relative de l'occupation des principaux postes d'occupation du sol entre 1990 et 2000

Figure 3 : évolution relative de l'occupation des principaux postes d'occupation du sol entre 1990 et 2000

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 1990, 2000, Observatoire du littoral.

Se lit : les territoires agricoles des communes littorales ont perdu 0,9% de leur surface entre 1990 et 2000.


Analyse générale des changements d'occupation du sol dans les communes littorales

Avec la nomenclature CORINE Land Cover la plus précise, on estime que 28 350 ha ont changé d'occupation du sol dans les communes littorales entre 1990 et 2000.

Ces changements sont figurés ci-dessous suivant une nomenclature simplifiée en 15 postes.


Figure 4 : changements d'occupation des sols par poste dans les communes littorales entre 1990 et 2000

Figure 4 : changements d'occupation des sols par poste dans les communes littorales entre 1990 et 2000

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 1990, 2000, Observatoire du littoral.


D'après la figure 4, les plus forts changements concernent :

• les zones urbanisées en augmentation de plus de 8000 ha.

• les milieux à végétation arbustive et les espaces avec peu de végétation : ces deux types d'occupation du sol évoluent de manière opposée. Cette évolution s'explique surtout par la revégétalisation d'espaces brulés : passage du poste 334 "zones incendiées" au poste 324 "forêt et végétation arbustive en mutation".

• les milieux forestiers en forte diminution : -6 700 ha. Cette évolution correspond à une légère augmentation des surfaces en forêts de feuillus ou mixtes et à une forte diminution des surfaces en forêts de conifères (-8 750 ha) du fait des cycles d'abattage des forêts de pins dans le sud-ouest (abbatage de parcelles en fin de cycle de production et passage du poste "forêt de conifères" à poste "Forêt et végétation arbustive en mutation") et à la tempête de fin 2000 ayant eu un impact très fort sur certains massifs côtiers

• les milieux agricoles : les prairies, les territoires agricoles hétèrogènes (Systèmes culturaux et parcellaires complexes) et, de manière moindre, les cultures entretenues (essentiellement les vignobles) ont fortement diminué dans les communes littorales. Cette régression suit la tendance métropolitaine. Les pertes enregistrées sont cependant plus fortes : les prairies et les vergers des communes littorales ont respectivement perdu 1,6% et 3,2% de leur surface entre 1990 et 2000.


Dans le détail, on peut noter une progression des réseaux routier et ferroviaire et espaces associés (poste Corine 122) plus faible sur le littoral que la moyenne métropolitaine. Ceci est très certainement du à la forte emprunte de l'artificialisation dans les communes littorales permettant difficilement la construction de nouveaux réseaux de grande ampleur et à la Loi littoral de 1986.

 


Analyses des changements d'occupation du sol par façade départementale

L'occupation du sol en 2000
Il existe grossièrement trois types de façades départementales littorales :

• Des façades plutôt anthropisées (CLC1 > 20%) : on peut citer les départements du Nord et du Pas-de-Calais, la Seine maritime (le port de Dunkerque biaise fortement le résultat pour ce département dont le littoral est plutôt agricole), la Loire atlantique, les Pyrénées atlantiques et les départements de la Côte d'Azur (Var et Alpes maritimes).

• Les façades à dominante agricole (CLC2 > 60%) : elles sont exclusivement situées sur la façade de la Manche et de l'Atlantique nord entre le littoral de la Somme et de la Vendée.

• Les façades où les milieux naturels sont importants (CLC3 + CLC4 + CLC5 > 40%) : ceci concerne le littoral de Gironde et des Landes et la majorité des façades littorales départementales de Méditerranée à l'exception des Alpes maritimes.


Figure 5 : occupation du sol des communes littorales par façades départementales

Figure 5 : occupation du sol des communes littorales par façades départementales

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 1990, Observatoire du littoral.



Prinicpales tendances d'évolution de l'occupation du sol des communes littorales par façades entre 1990 et 2000

Les plus fortes augmentations en surface des territoires artificialisés sont constatées pour le littoral du nord Aquitaine (Gironde et Landes), ainsi que pour le littoral de Bretagne et de Méditerranée (Hérault, Var et Bouches du Rhône). Ce constat corrobore les résultats obtenus à partir de l'analyse du fichier Sitadel du Ministère de l'équipement concernant la délivrance des permis de construire (voir fiches indicateurs sur la construction de logements).

En valeur relative, les surfaces artificialisées ont augmenté de plus de 7% en 10 ans sur les façades littorales de Gironde, de l'Hérault et de Corse du sud.

Concernant les terres agricoles, les plus fortes pertes enregistrées concernent le littoral de Bretagne (Morbihan, Côtes d'Armor et Finistère), la côte méditerranéenne (Hérault, Alpes maritimes et Var) ainsi que les côtes de Vendée et de Charente maritime. Comme on le voit sur la figure 7, on a une corrélation assez importante entre la perte de terres agricoles et la construction de logements (coefficient de corrélation linéaire de 0,52 entre les deux paramètres). La construction de logements se fait donc bien au détriment des terres agricoles.

 


Figure 7 : lien entre la construction de logements et l'évolution des terres agricoles dans les communes littorales par façade départementale

Figure 7 : lien entre la construction de logements et l'évolution des terres agricoles dans les communes littorales par façade départementale


Pour les milieux naturels (CLC3), les plus fortes diminutions sont constatées en Gironde et dans les Landes, dans le Var, en Corse du sud, en Seine maritime (zone portuaire sur l'estuaire de Seine) et dans le Finistère.

 


Tableau 1 : principales évolutions de l'occupation du sol entre 1990 et 2000 par façade littorale départementale

Tableau 1 : principales évolutions de l'occupation du sol entre 1990 et 2000 par façade littorale départementale

Source : UE, IFEN, CORINE Land Cover 1990, 2000, Observatoire du littoral.

* évolution surfacique : (surface du poste Corine en 2000) - (surface du poste Corine en 1990)
** évolution relative : (surface 2000) - (surface 1990) / (surface en 1990)

CLC1 : territoires artificialisés, CLC2 : terres agricoles, CLC3 : milieux naturels
Figurent les numéros des départements et les surfaces correspondantes

 


Point méthodologique

CORINE Land Cover est une base de données géographiques présentant l'inventaire de l'occupation du sol réalisé dans le cadre d'un programme européen piloté par l'Agence européenne de l'environnement.

Ses principales caractéristiques sont :

• une méthode de production basée sur la photo-interprétation d'images satellitaires Lansat et Spot avec diverses données d'appui (photographies aériennes, cartes topographiques...) ;

• une échelle de production de 1 : 100 000ème et un seuil de 25 hectares pour la prise en compte des unités cartographiées ;

• une nomemclature hiérarchisée en 44 postes ;

• le résultat prend la forme d'une base de données exploitable à l'aide d'un système d'infromation géographique ;

• la version 1990 est basée sur des images prises entre 1987 et 1994, la version 2000 porte majortairement sur 2000, complétée en 1999 et 2001.


L'échelle au 1 / 100 000ème permet des analyses globales de l'occupation du sol et de son évolution entre 1990 et 2000 mais ne permet pas des analyses fines à l'échelle d'une commune littorale. En effet, les seuils pris en compte pour figurer des évolutions de l'occupation du sol entre 1990 et 2000 sont de 5 ha. Cela ne permet par exemple pas de quantifier le mitage de l'espace rural par des constructions isolées.

Les produits du programme CORINE Land Cover sont diffusés par l'Ifen et l'Agence européenne de l'environnement.

Voir le site de l'Ifen concernant CORINE Land Cover.

 
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