•Une pression humaine très forte dans les communes littorales
•Une richesse biologique littorale remarquable
•L’occupation du sol des départements d’outre-mer suivant la distance à la mer
•Synthèse
Les 4 départements d’outre-mer (Dom) regroupent 92 communes littorales au sens de la loi Littoral : 33 en Martinique, 25 en Guadeloupe (1), 15 en Guyane et 19 sur l’île de la Réunion. Comme le montre la figure 1, la quasi-totalité du territoire de Guadeloupe et de Martinique est dans une commune littorale.
(1) Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont récemment changé de statut. Ils ne font plus parti de la Guadeloupe et ont adopté le statut de collectivité d’outre-mer depuis la promulgation de la loi organique de février 2007. Cependant, les données démographiques utilisées sont de 1999. Ces deux collectivités figurent dans les traitements démographiques présentés dans cet article.
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Figure 1 : Les communes littorales des départements d’outre-mer. Source : Géofla 1999. |
En 1999, la population des communes littorales des Dom approche 1,5 million d’habitants. La densité de population est forte sur le littoral de Martinique, de Guadeloupe et de l’île de la Réunion, soit environ 300 hab./km². Elle est le reflet d’une densité de population élevée sur l’ensemble du territoire de ces 3 îles, amplifiée en bord de mer. Elle est supérieure à la moyenne littorale métropolitaine estimée à 270 hab./km². À l’inverse, la densité est très faible sur le littoral de Guyane : 3,5 hab./km².
L’essentiel de la population des Dom se concentre en bord de mer. Ceci s’explique par le relief accidenté à l’intérieur des terres sur l’île de la Réunion (piton des Neiges – 3 069 m et piton de la Fournaise – 2 631 m), sur Basse-Terre (massif de la Soufrière – 1 467 m), en Martinique (montagne Pelée – 1 397 m) ou par la forte densité de la forêt humide et l’absence d’axes de communication en Guyane.
Par ailleurs, la population des Dom a fortement augmenté durant la dernière période intercensitaire (1990 à 1999). Ceci est principalement dû aux soldes naturels très excédentaires dans ces territoires. La densité de population a augmenté de 21 hab./km² dans les communes littorales des Antilles et de 47 hab./km² à la Réunion.
La pression humaine est donc très forte et s’accroît sur un territoire restreint, d’une haute valeur patrimoniale.
Les littoraux des Dom disposent d’une très grande richesse biologique :
•La Guyane se caractérise par l’alternance de mangroves, forêts marécageuses, marais et forêts de palmiers sur de très vastes surfaces.
•En Guadeloupe, on trouve des mangroves (Grand-Cul-de-Sac-Marin), de très nombreux secteurs d’herbiers marins à phanérogames et des massifs coralliens en mer côtière.
•En Martinique, alternent forêts xérophiles, mangroves, récifs et herbiers.
•La Réunion, avec Rodrigues et l’île Maurice (archipel des Mascareignes), figure parmi les 5 « hot spots » où la biodiversité marine est la plus menacée. L’île dispose d’une grande biodiversité avec, par exemple, 188 plantes vasculaires endémiques. Sur le littoral, alternent savanes, forêts humides et massifs coralliens à l’ouest de l’île.
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© V. Guéret : Sainte-Anne, Guadeloupe |
L’occupation du sol en bord de mer est variable suivant les départements.
L’île de la Réunion
Le taux d’artificialisation du littoral réunionnais est le plus important des 4 Dom. Les territoires artificialisés couvrent 28,2 % des terres situées à moins de 500 m de la mer et encore plus de 10 % entre 2 000 et 5 000 m des rivages. En dehors des cultures entretenues - canne à sucre, arbres fruitiers, ou vanille -, les terres agricoles représentent de faibles surfaces. Les cultures entretenues sont importantes dans les plaines littorales, entre 500 et 5 000 m de la mer, puis elles régressent au profit de la forêt à mesure que le relief s’accentue. Les zones humides sont peu importantes au regard des autres Dom et ne représentent que de faibles surfaces. Enfin, on note une importante rupture de l’occupation du sol à partir de 5 000 m de la mer. À partir de cette distance, les territoires artificialisés et agricoles ne représentent plus que de faibles surfaces et les espaces naturels dominent en occupant plus de 80 % de l’espace.
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Figure 2 : occupation du sol sur le littoral de la Réunion en fonction de la distance à la mer |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
La Martinique
Le taux d’artificialisation est assez important à moins de 500 m de la mer : 17,9 %. Il diminue ensuite sensiblement et est d’environ 8 % jusqu’à 5 000 m du rivage. La part de l’ensemble des espaces naturels (forêt, végétation basse, dunes, sable, rochers et éboulis) varie assez peu suivant la distance à la mer. Elle est d’environ 50 % jusqu’à 5 000 m de la mer. La végétation basse et les plages et dunes sont peu importantes alors que la forêt couvre 39,9 % du bord de mer et jusqu’à 53,4 % entre 5 000 et 10 000 m de la mer. Enfin, la mangrove couvre 10 % des territoires du bord de mer.
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Figure 3 : occupation du sol sur le littoral de la Martinique en fonction de la distance à la mer |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
La Guadeloupe
Le taux d’artificialisation des rivages de Guadeloupe est sensiblement le même qu’en Martinique : 16,5 % à moins de 500 m de la mer. Il diminue progressivement en s’éloignant de la mer et n’est plus que de 2,6 % entre 5 000 et 10 000 m des côtes. On note une nette rupture de l’occupation du sol à partir de 5 000 m de la mer. De 0 à 5 000 m, la part des territoires agricoles augmente progressivement, les cultures entretenues dont la canne à sucre étant de plus en plus importantes, alors que les zones humides, les mangroves et la végétation basse régressent. De 5 000 à 10 000 m de la mer, la forêt couvre 67,6 % du territoire et l’agriculture ne représente plus que 24,9 % du territoire contre 55,8 % entre 2 000 et 5 000 m de la mer.
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Figure 4 : occupation du sol sur le littoral de la Guadeloupe en fonction de la distance à la mer |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
La Guyane
L’occupation du sol du littoral guyanais est différente des autres Dom. Les espaces naturels au sens large (forêts, zones humides, surfaces en eau, plages et végétation basse) couvrent plus de 95 % du territoire quelle que soit la distance à la mer prise en compte. A contrario, les terres agricoles et les espaces artificialisés couvrent des surfaces très faibles.
En bord de mer, les zones humides, plages et dunes dominent. En s’éloignant des rivages, les marais et la forêt prennent une place de plus en plus importante alors que les espaces typiquement littoraux (mangroves et plages) régressent.
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Figure 5 : occupation du sol sur le littoral de Guyane en fonction de la distance à la mer |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
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© V. Guéret : mangrove à Gosier, au sud de la Guadeloupe |
Part des territoires artificialisés dans l’occupation du sol dans les départements d’outre-mer
Les profils d’artificialisation suivant la distance à la mer sont sensiblement les mêmes dans les 4 départements. L’artificialisation est plus élevée en bord de mer et décroît progressivement en s’éloignant du rivage. En bord de mer, elle est très forte à la Réunion, forte dans les Antilles et faible en Guyane.
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Figure 6 : artificialisation du littoral des Dom suivant la distance à la mer Les littoraux de Saint-Barthélémy et Saint-Martin figurent pour information sous l'intitulé "Saint-Martin". |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
Part des espaces naturels dans l’occupation du sol dans les départements d’outre-mer
Les forêts, végétation basse, dunes, rochers et éboulis couvrent d’importantes surfaces quel que soit le Dom considéré. On constate généralement qu’ils sont plus importants, en proportion, entre 5 000 et 10 000 m des côtes avec une nette rupture à partir de 5 000 m, excepté en Martinique.
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Figure 7 : part des milieux naturels sur le littoral des Dom suivant la distance à la mer. Les littoraux de Saint-Barthélémy et Saint-Martin figurent pour information sous l'intitulé "Saint-Martin". |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
Part des zones humides dans l’occupation du sol dans les départements d’outre-mer
Les mangroves et marais sont très importants en Guyane, quelle que soit la distance à la côte. Dans les Antilles (Guadeloupe et Martinique), les zones humides sont essentiellement littorales (mangroves). Leur part dans l’occupation du sol est donc élevée en bord de mer puis décroît en s’éloignant des rivages. La Réunion est, quant à elle, caractérisée par un faible niveau de présence de zones humides littorales ou intérieures.
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Figure 8 : part des zones humides sur le littoral des Dom suivant la distance à la mer. Les littoraux de Saint-Barthélémy et Saint-Martin figurent pour information sous l'intitulé "Saint-Martin". |
Source : BD Carto Dom 2004, traitements Ifen, Observatoire du littoral.
Ainsi, comme en métropole, les rivages des Dom, excepté en Guyane, sont caractérisés par un niveau d’artificialisation élevé à très élevé et par la présence d’espaces naturels (végétation basse, forêts ou zones humides) d’une grande richesse biologique. À moins de 500 m des côtes, ces occupations du sol représentent entre 70 % et 80 % de l’espace littoral, les territoires agricoles étant peu importants. La forte augmentation de la population des communes littorales des Dom, hors Guyane, indique des conflits d’usage importants entre maintien de la biodiversité et des espaces naturels et développement du tissu urbain.
Par ailleurs, les premières estimations de la population des Dom après le recensement de 1999 montrent la poursuite de l’augmentation de la population constatée entre 1990 et 1999. Ces conflits semblent donc perdurer.
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Figure 9 : évolution de la population des départements d'Outre-mer de 1999 à 2006 |
Source : RP Insee, Observatoire du littoral.